Mes débuts d’enseignante
J’ai toujours voulu être enseignante et lorsqu’en décembre 1979 ma licence d’histoire en poche, je me suis présentée à la direction diocésaine d’Annecy car je voulais absolument enseigner dans la région, la secrétaire m’a dit:
« vous tombez bien car nous avons besoin de remplaçants » C’était un vendredi après midi et je me suis dit qu’elle me disait cela pour ne pas me décourager.
Le lundi vers 16h30, j’ai vu arriver la voisine qui m’a dit que la direction diocésaine d’Annecy avait appeler et qu’il fallait que je rappelle d’urgence, car à l’époque je logeais chez ma grand mère qui n’avait pas le téléphone. Lorsque j’ai rappelé, la secrétaire m’annonçait que je devais me présenter à 18heures au CFA de Groisy car j’avais Rendez-vous avec la directrice pour un remplacement de congé de maternité, pour une matière qui n’était pas ma spécialité, le français. Incroyable, j’avais déposé mon diplôme de licence le vendredi et le lundi on me proposait un poste!!!!! Mais quel poste! dans un CFA, Mon Dieu, c’était la seule chose que je ne voulais pas et en plus il me faudrait enseigner du français!. En effet, je savais bien que cette population d’élèves n’était pas facile du tout et je ne m’imaginais pas l’affronter, donc pour moi,c’était tout sauf cela. C’était principalement des garçons âgés entre 15 et 18 ans, j’en avais 26 et mesure 1m45! Mais bon, ce n’était pas le moment de faire la fine bouche.
Je me suis donc présentée à 18heures comme convenu. Après un bref entretien, la directrice m’a dit qu’elle m’engageait et que je devais me rendre à 20 heures chez la personne que je remplaçais dans la banlieue d’Annecy afin de prendre contact car je commençais mes cours dès le lendemain matin à 8heures. Je n’ai guère eu le temps de réfléchir. Je me suis rendue chez la dame que je devais remplacer, elle m’a un peu expliquer ce qu’elle faisait mais sans plus et a eu la gentillesse de me donner un texte à travailler le lendemain avec ses élèves mais pour la suite c’était à moi de me débrouiller toute seule.
Inutile de dire que ce soir là, je me suis couchée très tard, potassant mon cours et une fois couchée je n’ai guère dormi car j’étais très inquiète de me retrouver face à des élèves.
Le lendemain matin, la directrice m’a accompagnée dans la classe de préparatrices en pharmacie, m’a présentée aux élèves et il a bien fallu que je me lance.
J’étais propulsée du jour au lendemain dans un monde que je ne connaissais pas, l’apprentissage et je devais enseigner une matière à laquelle je n’avais pas été préparée. Il faut bien savoir que si j’avais refusé ce poste, j’étais grillée et la direction diocésaine ne m’aurait pas reproposé de poste avant longtemps, donc je n’avais d’autre choix que celui d’accepter si je voulais enseigner dans la région d’Annecy.
Mes élèves se sont avérés charmants, car le contact a été tout de suite très bon, mais je me rends compte aujourd’hui que mon enseignement devait leur passer largement au-dessus de la tête et qu’ils ne devaient pas comprendre grand-chose. Je sortais toute fraîche et rose de la faculté et il n’est pas si simple de se mettre tout de go au niveau CAP.
C’est ainsi qu’à commencer mon aventure de prof avec des jeunes qualifiés « en échec scolaire » ce que je conteste fortement.